Actualité du 18 \ 02 \ 2008

Après les discussions, le canon

Le gouvernement comorien menace d'intervenir millitairement à Anjouan pour déloger le colonel Mohamed Bacar, réélu à la tête de l'île aprés un scrutin controversé l'an dernier. A Moroni, les autorités fédérales affirment qu'elles viennent de recevoir deux hélicoptères capables de soutenir une « intervention » sur l'île d'Anjouan. Ces hélicoptères, livrés par l'Ukraine, pourraient être utilisés pour transporter des troupes et évacuer des blessés précise l'état-major comorien.

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Il y a un peu plus d'une semaine, ce sont des bruits de bottes que l'on entendait à Moheli. L'armée a en effet massé plusieurs centaines de soldats sur cette île située à quelques encablures de l'ile rebelle d'Anjouan.

Chacun avait alors pris conscience que la guerre pyschologique que se livrent depuis juin dernier, l'ile rebelle et la fédération, était en train de changer de nature. D'autant que jeudi dernier les autorités fédérales affirmaient haut et fort qu'une opération armée était la seule option possible pour ramener le président autoproclamé d'Anjouan à la raison.

Aujourd'hui, avec la livraison de deux hélicoptères, l'état-major envoie un signal clair. L'armée fédérale n'entend pas recommencer les erreurs du passé. La dernière opération contre Anjouan, en 1997, s'était soldée par un échec, notamment en raison du manque de moyens aéroportés.

Cette fois-ci l'état-major assure que les hélicoptères seront utilisés pour acheminer les forces, appuyer les opérations au sol et évacuer les blessés. A Moroni, beaucoup attendent pour la semaine prochaine un dénouement à la crise politique ouverte en juin dernier, avec la réélection du président d'Anjouan Mohamed Bacar au terme d'un scrutin dénoncé par le gouvernement fédéral et contesté par l'Union africaine qui a réclamé en vain l'organisation d'une nouvelle élection.


# Posté le lundi 18 février 2008 08:47

Actualité du 18 \ 02 \ 2008

Actualité du 18 \ 02 \ 2008
Méfions-nous de ces Comoriens !

Coin Nord de Mitsamiouli a débarqué à Maurice hier soir pour élire domicile à l'hôtel Gold Crest. Seuls quinze joueurs ont fait le voyage. Cinq ont raté l'avion. N'empêche, le champion des Comores n'est pas à prendre à la légère. On a, déjà, vu ce qu'il vaut dans un passé proche.

« Cette équipe a, sans doute, évolué depuis sa visite chez nous. On a peu d'informations sur notre adversaire mais on le prend au sérieux», confie Rajen Dorasami. Le coach de Curepipe prend ses précautions, car les Comoriens nous avaient étonnés il y a deux ans.

En 2006, Coin Nord était venu croiser le fer contre l'ASPL 2000 à ce même stade de compétition. Les Comoriens s'étaient montrés coriaces. Port-Louis avait eu sa qualification dans les prolongations sur un but de Jeannot.

Aussi, on n'a pas oublié le parcours de la sélection comorienne aux derniers Jeux des îles, lorsqu'elle avait réalisé l'exploit de tenir en échec La Réunion, le futur vainqueur, en phase de poule. Du reste, les Comoriens avaient frôlé les demi-finales.

Le club de Mitsamiouli est composé de plusieurs internationaux, et, il est évident, que l'opposition sera rude avec, en sus le progrès accompli par le football comorien, réputé pour son jeu défensif et de contre-attaques.


Curepipe est averti !
Didier PRAGASSA
L'Express

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# Posté le lundi 18 février 2008 08:40

La population prise en otage - interview

Saandi Assoumani : « La population prise en otage »

Ministre depuis deux semaines, Saandi Assoumani, de l'île de Ngazidja, est bien conscient que les Comoriens vivent un moment décisif. Né à Nyoumalima il y 40 ans, il s'est fait connaître en tant que consultant national puis international en développement institutionnel. Pour avoir fait ces études à La Réunion et à Maurice, cet intellectuel est un fervent militant de la coopération régionale, principalement avec La Réunion où il dispose de solides relations.

Quelle est votre analyse de la situation et quel est le moral de la population ?
L'archipel des Comores est encore une fois à un tournant de son histoire. Si le président Sambi arrive à obtenir le départ du colonel Bacar par la pression de la communauté internationale ou par l'intervention militaire, il nous aura fourni une occasion en or de nous interroger sur la viabilité de nos institutions sans la pression des séparatistes. Je trouve un peu maladroit qu'il n'ait pas impliqué suffisamment la classe politique dans la gestion de cette crise, notamment dans cette phase décisive. Néanmoins, en tant que garant de l'intégrité territoriale et de l'Unité nationale, Sambi a toutes les prérogatives pour rétablir l'autorité de l'Etat par tous les moyens et créer les conditions pour que le pays puisse repartir sur de nouvelles bases. Par rapport au moral de la population, elle est globalement favorable à l'usage de la force pour rétablir l'ordre à Anjouan. Je pense que le peuple dans sa majorité en a assez d'être pris en otage, une situation qui dure depuis dix ans déjà. Toutefois, il faut reconnaître en même temps que ce peuple exprime ses sentiments primaires et manque de discernement sur les risques inhérents d'une opération militaire sur les plans humain, matériel et financier.

Quel devrait être le rôle des pays de la région ?
Les pays de la région doivent rester aux côtés des Comores comme ils l'on fait jusqu'ici. Cependant, il est regrettable que nos voisins immédiats considèrent la crise comorienne comme un litige entre Anjouan et les autres îles. En fait il s'agit d'une tentative de dissidence d'une partie du territoire contre l'Etat. Après 10 ans de désillusion, la situation a évolué ; aujourd'hui c'est une bande de personnes qui se rebelle contre l'autorité de l'Etat et pour ce faire, elle a pris en otage une partie de la population vivant dans l'île. Nous suggérons donc que ceux qui viennent nous aider prennent en compte cette primauté de l'Etat sur les entités qui le composent.

Comment assurer une paix durable à l'ensemble des Comores ?
Dans la situation économique désastreuse des Comores, chacun pense que c'est l'autre qui est la cause de sa misère. Donc pour asseoir une paix durable, il faut engager le pays dans la voie de l'espoir. Je dis bien l'espoir, car le développement ne se fera pas du jour au lendemain. Par ailleurs, dans toute organisation, s'il y a des groupes de personnes lésées, c'est une source de déstabilisation permanente. Il faudra alors veiller à la rationalité et à l'équité pour qu'aucune catégorie sociale ne se sente mise à l'écart. Enfin, nous avons la chance de pouvoir nous intégrer dans un espace économique régional très dynamique et de pouvoir tirer parti de l'expérience et de l'expertise de nos îles s½urs pour décoller.


Propos recueillis par notre correspondant
Mohamed Aliloifa
Saandi Assoumani : « La population prise en otage »
Article paru dans Témoignages le samedi 16 février 2008
URL : http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=27928

# Posté le lundi 18 février 2008 08:32

Actualité du 14/ 02 / 2008

Mohéli dans l'obscurité totale

Selon nos informations, l'île de Mohéli est plongée dans l'obscurité depuis mardi 12 février. Un de deux groupes électrogènes constituant la centrale électrique de l'île est tombée en panne. Ce désagrément dans l'île où nos soldats sont regroupés depuis deux semaines en vue du débarquement militaire à Anjouan, serait dû au mauvais temps qui s'abat sur l'ensemble de l'archipel ces dernières heures. Des tonnerres seraient à l'origine du circuit qui a endommagé le groupe.

Les techniciens de la centrale se sont mis à l'½uvre depuis pour essayer de remettre à l'état le groupe. Parallèlement à cela, ils auraient pris l'initiative d'arrêter l'autre groupe qui marchait afin, disent-ils, « de vérifier le câblage ». L'on apprend que deux nouveaux groupes électrogènes en provenance de la République Populaires de Chine viendront renforcer, sinon pallier les deux autres devenus au cours de ces deux dernières années, ''budgétivores.'' Pour rappel, il y a à peine 4 mois, un de deux groupes électrogènes avait lâché à cause de son alternateur. Autant dire, si Moheli renoue avec l'obscurité totale, Ngazidja vit, elle, au rythme de délestages, faute de carburant suffisant.

# Posté le jeudi 14 février 2008 18:35

Actualité du 14/ 02 / 2008

A Ma-mwe ça manque de gas-oil

La société comorienne de l'eau et de l'électricité, Ma-mwe (Madji na mwendje) a du mal à remplir son contrat avec ses clients. Malgré les efforts déployés par le nouveau directeur général, axés sur la révision de l'outil de production, Ma-mwe se trouve toujours confrontée à des difficultés d'approvisionnement en électricité au profit de ses clients. Cette fois-ci l'unique société comorienne de l'eau et de l'électricité bute sur son incapacité notoire de pouvoir s'acheter régulièrement du gas-oil au près de la société comorienne des Hydrocarbures.



Incroyable mais vrai, « pour pouvoir faire fonctionner les près de 12 groupes électrogènes capables de donner suffisamment de l'électricité à tout le monde et en même temps, il faut en moyenne 38 000 litres de gas-oil par jour », avait laissé entendre la direction. Ceci s'explique d'une part par le fait que cette société peine à recouvrer son dû après plusieurs mois de panne de son logiciel de facturation, d'autre part, les clients refusent de payer leurs factures, prétextant les incohérences constatées dans les émissions des factures. Pour Salim Ali, « après l'intervention de la Sonelec (Société sénégalaise d'électricité) tout est mis sur les rails et les imperfections sont maîtrisées.» Ce qui ne fait pas l'affaire des mauvais clients qui vont se voir couper du réseau électrique pour manque de paiement de la consommation.
Pour pallier à ces insuffisances, les techniciens de la Ma-mwe sont contraints de délester pour pouvoir faire des économies de 6 heures par jour. Ce qui ne semble pas arranger les choses, car les clients s'attendaient à des nettes améliorations dans la fourniture régulière de l'électricité.


Actuellement, la difficulté de la Ma-mwe ne se trouve pas dans l'état de la centrale électrique. Elle est subordonnée à une mauvaise politique d'approvisionnement en gas-oil et à une très mauvaise gestion de la société elle-même. Et cela ne date pas d'aujourd'hui. N'ayons pas peur des mots. La Ma-mwe a toujours été la « vache laitière » de certains caciques des régimes qui se sont succédés à Moroni. Pour que cette société puisse véritablement assurer son décollage, les dirigeants doivent instaurer une politique volontariste visant à dégraisser la maison, procéder à un recyclage et à une formation continue du personnel à tous les niveaux. Car, il est inconcevable que l'unique société nationale d'électricité des Comores, à chaque fois que la nécessité de réviser la centrale se fait sentir, les dirigeants doivent faire appel à l'extérieur. Ce qui fait perdre beaucoup de temps et de moyens à la société.


De l'un de nos correspondants à Moroni
Kwéli

# Posté le jeudi 14 février 2008 18:29