FOMBONI (AFP) — Le gouvernement de l'Union des Comores a prévu d'organiser une élection présidentielle en mai à Anjouan pour remplacer l'actuel président de cette île, Mohamed Bacar, dont la réélection en 2007 est jugée illégale, a annoncé mardi à l'AFP le vice-président de l'Union.
"Après l'opération sur Anjouan et la restauration de l'ordre constitutionnel, il y aura un gouvernement de transition qui devra rapidement prendre les dispositions pour l'élection (présidentielle) qui aura lieu en mai", a affirmé à l'AFP le vice-président de l'Union des Comores, Idi Nadhoim, en visite sur l'île de Mohéli.
"Les dispositions sont prises pour l'intérim, une fois le colonel Bacar déposé, il y aura des consultations avec l'Union africaine (UA) et la communauté internationale", a-t-il ajouté.
L'UA a décidé de soutenir militairement une opération du gouvernement fédéral comorien pour démettre le colonel Bacar, qui dirige Anjouan depuis mars 2002, mais dont la réélection en juin 2007 n'est reconnue ni par l'Union des Comores, ni par l'UA.
Quelque 400 militaires de l'Armée nationale de développement (AND) sont cantonnés à Mohéli depuis plus d'un mois en vue d'une opération amphibie sur Anjouan pour forcer le colonel Bacar à quitter le pouvoir.
L'AND attend le renfort de troupes mandatées par l'UA dont les premiers contingents sont arrivés la semaine dernière à Moroni, capitale de l'Union.
Selon le vice-président de l'Union, "le colonel Bacar sera arrêté s'il ne s'enfuit pas et jugé par les tribunaux comoriens pour trahison, usurpation de pouvoir, tortures et crimes de guerre sur la base notamment des plaintes déposées par les Anjouanais victimes de ces exactions".
Interrogé sur les retards pris par l'opération prévue sur Anjouan, il a expliqué qu'il "était convenu de faire l'opération avec les forces de l'UA qui veulent prendre les dispositions appropriées pour éviter au maximum les dégâts à Anjouan".
"Mais c'est vrai que tout cela prend trop de temps, les civils s'impatientent et les militaires aussi même si leur moral est haut", a-t-il estimé, ajoutant: le gouvernement "craint les exactions et l'exaspération de la population à Anjouan qui pourrait rendre plus difficile le rétablissement de l'ordre".
L'Union des Comores est secouée depuis des années par des conflits de compétence entre les trois îles (Grande-Comore, Anjouan, Mohéli), dotées chacune de leurs propres institutions, et l'Etat fédéral.